Danses Macabres

Pannonnischer Totentanz

Franz Gyolcs est né le premier juillet 1960 à Andau, petite bourgade située à l’est de Vienne, très près de la frontière hongroise. Il a suivi plusieurs cycles d'études de sculpture, en particulier auprès d'Alfred Hrdlicka. Il est reconnu à plusieurs reprises et en particulier au symposium du pont d’Andau. Il crée essentiellement des sculptures sur pierre et ses restaurations sont appréciées. À partir de 1990 il réalise de très nombreuses expositions surtout en Autriche mais aussi dans tous les pays du centre de l'Europe ainsi qu’en France et en Italie. Il connaît bien l'histoire contemporaine et en particulier il est très marqué par le massacre épouvantable des Hongrois par les communistes en 1956 ; bon nombre de ces hongrois a réussi à s'échapper par le pont d'Andau, un très petit pont jusque-là sans intérêt sur le canal de l’Einser, qui fait la frontière Autriche-Hongrie sur une petite distance. Andau est peu éloignée du canal et Franz Gyolcs a bordé de statues et structures l’avenue qui mène d’Andau jusqu'au pont. (Source partiellement Wikipedia).

La Pannonie est une région romaine qui s'étendait juste au-dessous du Danube justement sur cette zone à cheval entre l'Autriche - Hongrie et jusqu'à une partie de la Bosnie-Herzégovine, Croatie et Slovénie, donc largement vers le sud-est par rapport à Andau.

La Danse macabre de Franz Gyolcs n’est pas classique, loin de là ; outre l’aspect de l’œuvre, très moderne - c’est le moins qu’on puisse dire - la mort danse seule, elle n’a pas de partenaire ni de victime ; est-ce parce que c’est elle qui subsistera, seule, en fin de compte ?

Ses tableaux sont réalisés en noir et blanc, peut-être parce qu’il ne cherche pas à faire un enseignement de sa Danse macabre, comme l’ont fait ses lointains prédécesseurs, mais pour dépeindre la mort toute seule, sans artifice, dans toute sa noirceur.

La technique est une peinture à palette, non au pinceau, ce qui exige attention et maîtrise de l’artiste.

Dans l’édition de 2001, nous retrouvons treize réalisations où la mort n’est pas un squelette mais une silhouette peu décharnée qui danse, se contorsionne, fait de véritables acrobaties : elle attire l’attention de l’observateur ! Chacune est accompagnée d’un poème écrit par Peter Infeld, après un prologue.

Voici la traduction du prologue et du poème des trois premières figures :

Tordu sauvagement, à moitié brisé

Le temps brisé, mes os tourbillonnent

La mort tordue, danse des os pâles

Squelette rêvé, et pourtant je suis déjà mort

Suis-je mort ou encore vivant ?

Dans la souffrance, tu es plus amie que gouffre

Toutes tes ombres, vêtus d'un pâle vêtement noir et blanc

Conduis-moi enfin vers le parfum des marguerites.

 

I Chair, tu m'as abandonné

Squelette de la mort, je me montre à toi

Œil vide grand ouvert

Mort, toi mon amie, tu ne me touches jamais.

 

II Ton joli doigt pâle

J'ai senti ta colonne vertébrale se déchirer

Jambes, bassin, nus et blancs

Je savais que nous étions condamnés.

 

III Aime-moi, squelette brisé

Aime-moi, fardeau de l'ange de la mort

Retire le bandeau, pâle âme

Ne me hais pas – tu ne me hais pas.

 

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