Lübeck 4 la copie de Hauttmann
Il y eut un certain nombre de reproductions de la Danse macabre de l’église Sainte-Marie mais beaucoup ont été détruites ou perdues. Il y eut en particulier des lithographies et des gravures sur cuivre dont certaines ont été coloriées et qui ont été ajoutées à l’édition de Ludwig Suhl en 1783.
Milde a copié la Danse macabre copiée par Wortmann et elle parut en 1865, donc sans les figures du duc et du mort, et c’est cette copie qui a servi à notre description sur la fiche Copie de Wortmann.
La série de gravures qui nous intéresse ici est assez rare (il en a été vendu un exemplaire en 2023) et a été dessinée par Hauttmann pour être éditée en 1830 (l’ouvrage n’est pas daté). Il comprend huit gravures de taille variable, de vingt-six à trente centimètres de large sur une quinzaine de haut, sans le texte qui est ajouté au-dessous. Ces gravures sont semblables à celles de Milde mais non identiques ; la répartition des personnages n’est pas la même : ici le roi est sur le troisième panneau ; le chanoine est sur le quatrième ; la cinquième gravure montre l’usurier, qui est sur le sixième panneau de Milde ; le paysan est sur la septième gravure et non sur la huitième. En fait tout ceci n’a pas d’importance puisqu’il s’agissait en 1701 d’une peinture continue sur la même toile.
Ces gravures sont très fines, très bien réalisées et imprimées, le moindre détail est perceptible. La tiare du pape est ici plus haute et plus fine, la croix n’est pas identique et il faut voir avec quelle élégance le mort saisit la cape, l’auriculaire délicatement relevé ! La main de l’impératrice est tout aussi fine et délicate qu’à Reval et celle du cardinal est mieux proportionnée. Le duc paraît un homme jeune, debout de face, tenant un étendard dans la main gauche ; il est probablement en armure, visible au niveau des membres inférieurs - avec les poulaines - et s’il est en cotte de mailles il porte un tabard ouvragé et brodé ; mais là s’arrête la comparaison possible avec le connétable ; il porte une haute coiffe civile agrémentée de grandes plumes comme il se doit (attributs des coiffures de la noblesse, la taille des plumes devait être proportionnelle au rang). Le mort suivant ne le saisit pas, ce qui est inhabituel et se trouve aussi chez le chevalier - mais il a saisi la crosse de l’abbé à deux mains. La main du noble qui tient l’épervier n’est pas gantée, ce qui est une erreur. Entre le mort et l’usurier on retrouve la dame et les deux morts dont l’un joue du violon, confirmant qu’il ne s’agit pas d’une peinture d’origine (le violon n’existait pas en 1463). Chez la jeune fille le mort a saisi sa manche par l’arrière et pour l’enfant le mort porte un faux.
Ces deux iconographies se complètent et se précisent mutuellement et il est heureux qu’il se trouve encore ces lithographies qui sont une source sans doute fiable de la peinture originale.
Illustration : page de titre de l’édition de 1830













